L’HOMME

Charles Rollier a su depuis son enfance qu’il deviendrait peintre, c’était une vocation.
Il a étudié les arts du monde, en particulier l’art indien et l’art tantrique qui l’ont beaucoup inspiré ; en parallèle, il aimait lire les ouvrages philosophiques de Martin Heidegger, Karl Jasper, Edmund Husserl et les Pères de l’Eglise primitive, ainsi que les écrits grecs anciens.

Il expose pour la 1ère fois en 1934 à Milan, puis il part à Bâle où il rencontre le peintre Coghuf avec lequel il réside pour peindre. En 1938, il s’installe à Paris où il fréquente les peintres Bolin, Garbell, Giacometti, Bazaine, Lapique, de Staël, dont il devient l’ami.

C’est en 1955 qu’il reçoit une inspiration fondamentale dans les Bois de Dully (Vaud), alors qu’il dessinait des broussailles en pleine nature: il perçoit, à travers ces arbustes, une «route vers le sacré», en ayant l’intuition (celle-ci le guidera jusqu’à la fin de sa vie), que la femme est la médiatrice entre le divin et l’homme.

Il considère son atelier de Chêne-Bourg, Genève, comme une cellule protectrice dans laquelle il peut méditer et peindre dans le silence. Il reçoit parfois quelques modèles féminins qu’il peint ou qu’il dessine, le mettant dans un état de légère transe, nécessaire à sa gestuelle picturale. Dorénavant, il peindra la femme sous toutes ses formes, en la cachant ou la dévoilant au fil de son évolution dans une peinture non-figurative, ou plus ou moins figurative. Il peindra jusqu’au jour de sa mort, survenue le 15 mai 1968, en pleine séance du Tribunal dont il présidait le jury.

 

 

SA PEINTURE

On peut définir quelques grands courants ayant marqués le style du peintre : la période dite «des aplats», celle «cézanienne», puis celle «des broussailles» et, à la fin, «les ondoiements» qu’il nomme «ses grands étendards colorés».
La matière est légère et fine, le peintre utilise des «jus colorés», il évite les épaisseurs.
Il peint par petites touches rapides dans une attitude très concentrée; la rapidité d’exécution est importante à ses yeux afin de s’engager totalement dans la spontanéité, bien que sous-tendue par des études préalables très poussées, aussi bien par des dessins, ou des gouaches, que par les thèmes de son inspiration. Il peint souvent des tableaux en deux exemplaires, «des doubles». Les titres qu’il choisit pour la plupart de ses œuvres sont explicites et imagés, inspirés par ses lectures philosophiques.

Charles Rollier est un peintre de la lumière, ses couleurs vives et chatoyantes en témoignent. C’est un peintre de la Femme, de son amour, de son corps, transcendés par le sacré, le divin. Sa peinture est nourrie à une source spirituellement très élevée, elle touche à l’universel, elle parle à l’âme humaine; elle est empreinte de bonheur, de sérénité, nullement tourmentée ou angoissée. C’est la raison pour laquelle Charles Rollier aimait particulièrment les grands peintres que sont Paul Cézanne, Pierre Bonnard, Ingres, Matisse, Renoir, et bien d’autres, dont les œuvres reflètent une lumière chaleureuse et heureuse.

Nancy Tikou Rollier, septembre 2011

 
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